Le Parlement européen a approuvé la proposition de la Commission sur les lignes directrices pour l'emploi des États membres, en y ajoutant des amendements qui renforcent les droits sociaux, le logement abordable, le dialogue social et les pensions. Il demande aussi à être associé sur un pied d'égalité avec le Conseil pour définir ces lignes directrices. Ce texte est une position du Parlement ; le Conseil doit maintenant décider de l'accepter ou de s'en écarter.
Les lignes directrices pour l'emploi sont des orientations que les États membres suivent dans le cadre du Semestre européen pour coordonner leurs politiques de l'emploi. La Commission a proposé une mise à jour mettant l'accent sur la qualité de l'emploi, les compétences, les nouvelles technologies, la réduction de la pauvreté et le logement abordable. Le Parlement, consulté sur cette proposition, a adopté des amendements pour renforcer la dimension sociale.
Logement décent et abordableLes États membres devraient garantir l'accès à des logements décents, durables et abordables, y compris publics et sociaux, avec un soutien ciblé contre la précarité énergétique et de transport. Les expulsions ne devraient être qu'un dernier recours et une approche « logement d'abord » est préconisée pour les sans-abri.
Dialogue social et négociation collectiveLes États membres devraient transposer et mettre en œuvre la directive sur des salaires minimaux adéquats et celle sur la transparence des rémunérations, et préparer des plans d'action pour promouvoir la négociation collective lorsque la directive l'exige.
Pensions et revenus de retraiteLes réformes devraient garantir un revenu de retraite adéquat au-dessus du seuil de pauvreté, réduire l'écart de pension entre les femmes et les hommes, assurer l'égalité d'accès aux régimes complémentaires pour les travailleurs à temps partiel et atypiques, et promouvoir la transparence des droits à pension.
Soins de longue duréeLes États membres devraient remédier aux lacunes en matière d'adéquation et de disponibilité des soins, aux pénuries de main-d'œuvre, aux mauvaises conditions de travail et à la rémunération inadéquate des aidants, développer des modèles de soins centrés sur la personne et garantir la protection sociale et les droits à pension des aidants non rémunérés.
Participation du ParlementLe Parlement demande à être associé à la définition des lignes directrices intégrées au niveau de l'Union sur un pied d'égalité avec le Conseil, afin de renforcer la prise de décision démocratique.
Le Parlement a adopté le texte par 434 voix pour, 212 contre et 23 abstentions.
Ces lignes directrices, si elles sont suivies par les États membres, pourraient améliorer l'accès à un logement abordable, renforcer les droits des travailleurs via le dialogue social et la négociation collective, garantir de meilleures pensions et des soins de longue durée de qualité. Elles visent aussi à réduire la pauvreté et les inégalités, notamment entre les femmes et les hommes. Toutefois, ces orientations ne créent pas directement de droits opposables pour les citoyens ; elles guident les politiques nationales.
Le Parlement a approuvé la proposition de la Commission sur les lignes directrices pour l'emploi, mais en la réécrivant : logement décent et abordable, pensions au-dessus du seuil de pauvreté, soins de longue durée, négociation collective, et une demande d'être associé sur un pied d'égalité avec le Conseil. Le vote est net (434 pour, 212 contre, 23 abstentions), mais ces lignes directrices restent des orientations : elles ne créent aucun droit opposable et ne coûtent rien à ceux qui les écrivent.
Une ligne directrice n'est pas une loi : elle guide les recommandations par pays du Semestre européen, ce cycle annuel où Bruxelles coordonne budgets et politiques nationales. Le Parlement y inscrit de nouvelles ambitions sociales sans créer la moindre obligation juridique pour les États membres, et sans dire qui paie. C'est la faiblesse structurelle du texte : il empile les objectifs et laisse le contribuable et l'entrepreneur devant la facture.
Le logement en est l'illustration. Le texte demande aux États membres de garantir un logement décent et abordable, y compris public et social, et de faire de l'expulsion un dernier recours. Sur le principe, protéger une famille menacée d'expulsion est légitime. Mais un logement social ne sort pas d'un considérant : il faut construire, et la construction dépend des permis, du foncier et des coûts. Si les États empilent les normes et les délais, l'offre ne suit pas et le prix monte pour tous ceux qui ne décrochent pas de place subventionnée. Le texte ne dit pas un mot de cette chaîne.
Même logique sur les pensions et les soins. Exiger un revenu de retraite au-dessus du seuil de pauvreté et de meilleures conditions pour les aidants est une intention louable. Mais un système de retraite par répartition tient à un équilibre entre cotisants et bénéficiaires : promettre davantage sans toucher à l'âge de départ ni au niveau des cotisations, c'est reporter la charge sur les actifs et sur les générations suivantes. Le Parlement demande des résultats sans arbitrage, et l'arbitrage reviendra aux gouvernements nationaux, seuls à devoir rendre des comptes.
Le Parlement réclame d'être associé sur un pied d'égalité avec le Conseil pour définir les lignes directrices intégrées. La demande est cohérente avec l'idée que les élus doivent peser sur les orientations qui encadrent les politiques nationales. Mais elle ne change pas les traités : dans cette procédure de consultation, le Conseil décide à l'unanimité après avis du Parlement. Écrire un souhait dans un considérant ne modifie pas l'équilibre institutionnel, et le citoyen n'y gagne aucun contrôle nouveau.
Le vote traduit une majorité de gauche et du centre sur un texte de nature sociale. Les groupes qui ont porté ces amendements ne paieront pas les loyers, les cotisations ni les délais de permis. Le risque est celui de toutes les déclarations d'intention : afficher des droits dans un document non contraignant, puis laisser les États membres expliquer pourquoi ils ne peuvent pas les financer. Une approche fondée sur la subsidiarité aurait fait l'inverse : laisser chaque État fixer ses priorités sociales, et concentrer l'Union sur ce qu'elle fait mieux que personne, la concurrence, le marché intérieur et la sécurité.
Reste un point positif : la Commission avait mis l'accent sur les compétences, les nouvelles technologies et les pénuries de main-d'œuvre, et le Parlement ne l'a pas effacé. Mais l'essentiel du texte ajoute des promesses, pas des mécanismes. Une ligne directrice utile dirait comment réduire le coût du travail, simplifier l'embauche et accélérer les permis de construire. Celle-ci préfère énumérer les droits.
On ne crée pas un logement abordable avec un considérant, ni une pension décente avec une intention.
Le Parlement a approuvé la proposition de la Commission sur les lignes directrices pour l'emploi, mais en la réécrivant : logement décent et abordable, pensions au-dessus du seuil de pauvreté, soins de longue durée, négociation collective, et une demande d'être associé sur un pied d'égalité avec le Conseil. Le vote est net (434 pour, 212 contre, 23 abstentions), mais ces lignes directrices restent des orientations : elles ne créent aucun droit opposable et ne coûtent rien à ceux qui les écrivent.
Une ligne directrice n'est pas une loi : elle guide les recommandations par pays du Semestre européen, ce cycle annuel où Bruxelles coordonne budgets et politiques nationales. Le Parlement y inscrit de nouvelles ambitions sociales sans créer la moindre obligation juridique pour les États membres, et sans dire qui paie. C'est la faiblesse structurelle du texte : il empile les objectifs et laisse le contribuable et l'entrepreneur devant la facture.
Le logement en est l'illustration. Le texte demande aux États membres de garantir un logement décent et abordable, y compris public et social, et de faire de l'expulsion un dernier recours. Sur le principe, protéger une famille menacée d'expulsion est légitime. Mais un logement social ne sort pas d'un considérant : il faut construire, et la construction dépend des permis, du foncier et des coûts. Si les États empilent les normes et les délais, l'offre ne suit pas et le prix monte pour tous ceux qui ne décrochent pas de place subventionnée. Le texte ne dit pas un mot de cette chaîne.
Même logique sur les pensions et les soins. Exiger un revenu de retraite au-dessus du seuil de pauvreté et de meilleures conditions pour les aidants est une intention louable. Mais un système de retraite par répartition tient à un équilibre entre cotisants et bénéficiaires : promettre davantage sans toucher à l'âge de départ ni au niveau des cotisations, c'est reporter la charge sur les actifs et sur les générations suivantes. Le Parlement demande des résultats sans arbitrage, et l'arbitrage reviendra aux gouvernements nationaux, seuls à devoir rendre des comptes.
Le Parlement réclame d'être associé sur un pied d'égalité avec le Conseil pour définir les lignes directrices intégrées. La demande est cohérente avec l'idée que les élus doivent peser sur les orientations qui encadrent les politiques nationales. Mais elle ne change pas les traités : dans cette procédure de consultation, le Conseil décide à l'unanimité après avis du Parlement. Écrire un souhait dans un considérant ne modifie pas l'équilibre institutionnel, et le citoyen n'y gagne aucun contrôle nouveau.
Le vote traduit une majorité de gauche et du centre sur un texte de nature sociale. Les groupes qui ont porté ces amendements ne paieront pas les loyers, les cotisations ni les délais de permis. Le risque est celui de toutes les déclarations d'intention : afficher des droits dans un document non contraignant, puis laisser les États membres expliquer pourquoi ils ne peuvent pas les financer. Une approche fondée sur la subsidiarité aurait fait l'inverse : laisser chaque État fixer ses priorités sociales, et concentrer l'Union sur ce qu'elle fait mieux que personne, la concurrence, le marché intérieur et la sécurité.
Reste un point positif : la Commission avait mis l'accent sur les compétences, les nouvelles technologies et les pénuries de main-d'œuvre, et le Parlement ne l'a pas effacé. Mais l'essentiel du texte ajoute des promesses, pas des mécanismes. Une ligne directrice utile dirait comment réduire le coût du travail, simplifier l'embauche et accélérer les permis de construire. Celle-ci préfère énumérer les droits.
On ne crée pas un logement abordable avec un considérant, ni une pension décente avec une intention.