Le 8 mai 2025, le Parlement européen a adopté une proposition visant à modifier la directive Habitats (directive 92/43/CEE) afin de faire passer le loup (Canis lupus) d'une espèce « strictement protégée » à une espèce simplement « protégée ». Ce changement permettrait aux États membres de l'Union européenne (UE) de gérer plus facilement les populations de loups, notamment par des tirs régulés, tout en maintenant des mesures de conservation.
Le loup est revenu naturellement dans de nombreuses régions d'Europe après avoir été quasiment éradiqué au XXe siècle. Protégé strictement par la directive Habitats, il ne pouvait être tué que dans des cas très exceptionnels (danger immédiat pour l'homme ou pour le bétail). Cependant, les attaques sur les troupeaux et les inquiétudes des éleveurs ont poussé la Commission européenne à proposer un assouplissement. La proposition de directive (COM(2025)0106) visait à modifier l'annexe IV (protection stricte) vers l'annexe V (protection simple) pour le loup.
Le Parlement européen, en première lecture, a approuvé la proposition de la Commission. La position du Parlement correspond à l'acte législatif final, la directive (UE) 2025/1237. Concrètement, le loup passe du statut d'espèce « strictement protégée » à celui d'espèce « protégée ». Les États membres pourront désormais autoriser des prélèvements (tirs) encadrés pour prévenir les dommages au bétail, sans avoir à démontrer une menace grave pour la sécurité publique. Toutefois, les États devront garantir que les populations de loups restent à un niveau favorable (non menacé) et mettre en place des mesures de suivi.
Le texte a été adopté par 371 voix pour, 162 contre et 37 abstentions. Le vote a eu lieu par appel nominal électronique. L'accord entre le Parlement et le Conseil (les États membres) ayant été trouvé en amont, la directive est désormais définitivement adoptée.
Pour les éleveurs et les agriculteurs, cette décision facilitera la protection de leurs troupeaux : ils pourront demander des autorisations de tirs préventifs sans passer par des procédures longues. Pour les défenseurs de la nature, le risque est que les populations de loups diminuent localement, même si l'UE exige un suivi. Pour le grand public, le loup reste une espèce protégée, mais sa gestion devient plus flexible. Les citoyens peuvent s'attendre à des débats dans chaque État membre sur la mise en œuvre concrète (quotas de tirs, zones protégées, indemnisations).
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