Le Parlement européen a adopté une résolution qui condamne fermement les attaques russes contre des navires marchands civils dans l'ouest de la mer Noire, au large des côtes bulgares et roumaines, et les violations répétées de l'espace aérien roumain. Il exige que la Russie cesse immédiatement ses attaques contre les navires marchands et les infrastructures portuaires civiles, respecte la liberté de navigation et cesse d'utiliser l'alimentation mondiale comme arme. Le texte demande aussi d'évaluer un possible déploiement naval européen en mer Noire et de renforcer la défense aérienne et maritime de la région. Le Parlement demande à la Commission d'agir; ce n'est pas une loi.
Depuis le milieu de 2026, les attaques russes contre des navires marchands en mer Noire se sont intensifiées et se sont étendues des eaux ukrainiennes aux zones maritimes de la Roumanie et de la Bulgarie, deux pays de l'Union et de l'OTAN. Des attaques de drones ont frappé ou coulé des navires et fait plus de 20 membres d'équipage civils tués ou disparus. La résolution a été déposée par plusieurs groupes politiques.
Enquête et responsabilitéLe Parlement condamne les attaques meurtrières contre des navires civils et les violations de l'espace aérien roumain, et demande une enquête approfondie, la conservation des preuves et que les responsables rendent des comptes.
Recherche des marins disparusIl appelle à poursuivre les efforts pour localiser les membres d'équipage disparus et à un soutien de l'Union en recherche et sauvetage, assistance technique, aide aux survivants et aux familles des victimes, quel que soit le pavillon du navire ou la nationalité de l'équipage.
Cesser les attaquesIl exige que la Russie cesse immédiatement toutes ses attaques contre les navires marchands et les infrastructures portuaires civiles, respecte la liberté de navigation et cesse d'instrumentaliser l'approvisionnement alimentaire mondial.
Opération navale à l'étudeIl invite l'Union et les États membres à évaluer et envisager le déploiement d'une opération navale européenne en mer Noire, et l'OTAN à envisager une initiative pour la mer Noire, sans décider d'un déploiement.
Défense aérienne et antidronesIl demande de recenser les lacunes de défense aérienne et maritime, puis de mettre en place une posture de défense renforcée pour la mer Noire et le delta du Danube, avec un déploiement urgent de capacités antidrones multicouches et un meilleur partage de renseignements.
Sanctions et plateforme de sûretéIl réclame des sanctions ciblées contre les responsables d'attaques contre le transport maritime civil et les fournisseurs d'équipements utilisés, une application stricte et la lutte contre le contournement, ainsi qu'une mise en service rapide de la plateforme européenne de sûreté maritime à Constanța et Varna.
Date pour la BulgarieIl demande instamment au gouvernement bulgare de confirmer officiellement sa participation à l'initiative antidrones de l'OTAN au plus tard le 30 octobre 2026.
La résolution a été adoptée par 432 voix pour, 52 contre et 88 abstentions.
Pour les gens de mer et les équipages de navires marchands, le Parlement demande que leur sécurité et leurs droits soient renforcés dans les eaux touchées par le conflit, y compris l'évaluation des risques, les assurances, les primes de risque et le droit au rapatriement. Pour les habitants des côtes bulgares et roumaines et du delta du Danube, il réclame plus de surveillance de l'espace aérien, des systèmes d'alerte précoce et de protection civile. Pour les consommateurs, il appelle à surveiller les risques sur l'approvisionnement en denrées alimentaires, en énergie et en intrants agricoles, à préparer des stocks stratégiques et à soutenir des routes d'exportation sûres pour les produits agricoles ukrainiens. Ces demandes s'adressent à la Commission, aux États membres et à l'OTAN; elles ne créent pas d'obligation juridique directe.
Le Parlement européen a adopté une résolution qui condamne sans ambiguïté les attaques russes contre des navires marchands civils au large des côtes bulgares et roumaines, et les violations répétées de l'espace aérien roumain. Mais ce texte n'est pas une loi : il demande à la Commission, aux États membres et à l'OTAN d'agir. Le courage politique ne coûte rien tant qu'il ne se traduit pas par des décisions opérationnelles.
Le Parlement a raison de qualifier ces frappes de violations du droit international et de demander que les responsables rendent des comptes. Mais une résolution n'est pas un mandat d'arrêt. Les enquêtes dans les eaux territoriales et les ZEE des États membres relèvent des autorités nationales, et la Russie ne coopérera pas. Sans mécanisme contraignant, la condamnation reste un signal politique.
La demande d'évaluer une opération navale européenne est formulée au conditionnel. Or, pendant que l'Union évalue, les navires civils continuent d'être frappés. Le coût de l'inaction se mesure en vies humaines et en perturbations des chaînes d'approvisionnement. Une approche fondée sur la subsidiarité et le marché aurait consisté à mandater immédiatement les États membres riverains pour sécuriser les routes maritimes, avec un financement d'urgence et une coordination OTAN, plutôt que d'attendre une évaluation.
Le texte demande aussi d'utiliser les crédits inutilisés de l'instrument SAFE pour la Roumanie et la Bulgarie. C'est une bonne intuition : l'argent public existe déjà, et le redéployer vers la défense antiaérienne et antidrones est plus rapide que de créer un nouveau fonds. Mais la lenteur administrative reste le principal obstacle. Les entreprises de défense capables de produire des intercepteurs attendent des commandes fermes, pas des résolutions.
Le Parlement condamne le rôle de la flotte fantôme russe dans le contournement des sanctions et demande une liste complète des navires. Cette demande est juste, mais elle se heurte à un problème d'exécution : les sanctions ne mordent que si les États membres les appliquent. Or, certains ports européens restent laxistes. La Commission doit publier des chiffres sur les inspections et les arraisonnements, pas seulement des listes.
L'appel à des sanctions ciblées contre les fournisseurs d'équipements utilisés dans les attaques est pertinent. Mais il faut aller plus loin : les entreprises européennes qui continuent de vendre des composants à la Russie via des intermédiaires doivent être identifiées et sanctionnées. La transparence sur les chaînes d'approvisionnement est une condition de l'efficacité.
Enfin, le Parlement demande de réintroduire l'interdiction des importations de fourrure de zibeline russe. Cette mesure, aussi symbolique soit-elle, illustre un problème plus large : les sanctions européennes sont parfois contradictoires. Lever une interdiction sur un produit de luxe envoie un mauvais signal. La cohérence des sanctions est une condition de leur crédibilité.
Une résolution qui condamne sans décider laisse aux victimes le soin de payer le prix du temps perdu.
Le Parlement européen a adopté une résolution qui condamne sans ambiguïté les attaques russes contre des navires marchands civils au large des côtes bulgares et roumaines, et les violations répétées de l'espace aérien roumain. Mais ce texte n'est pas une loi : il demande à la Commission, aux États membres et à l'OTAN d'agir. Le courage politique ne coûte rien tant qu'il ne se traduit pas par des décisions opérationnelles.
Le Parlement a raison de qualifier ces frappes de violations du droit international et de demander que les responsables rendent des comptes. Mais une résolution n'est pas un mandat d'arrêt. Les enquêtes dans les eaux territoriales et les ZEE des États membres relèvent des autorités nationales, et la Russie ne coopérera pas. Sans mécanisme contraignant, la condamnation reste un signal politique.
La demande d'évaluer une opération navale européenne est formulée au conditionnel. Or, pendant que l'Union évalue, les navires civils continuent d'être frappés. Le coût de l'inaction se mesure en vies humaines et en perturbations des chaînes d'approvisionnement. Une approche fondée sur la subsidiarité et le marché aurait consisté à mandater immédiatement les États membres riverains pour sécuriser les routes maritimes, avec un financement d'urgence et une coordination OTAN, plutôt que d'attendre une évaluation.
Le texte demande aussi d'utiliser les crédits inutilisés de l'instrument SAFE pour la Roumanie et la Bulgarie. C'est une bonne intuition : l'argent public existe déjà, et le redéployer vers la défense antiaérienne et antidrones est plus rapide que de créer un nouveau fonds. Mais la lenteur administrative reste le principal obstacle. Les entreprises de défense capables de produire des intercepteurs attendent des commandes fermes, pas des résolutions.
Le Parlement condamne le rôle de la flotte fantôme russe dans le contournement des sanctions et demande une liste complète des navires. Cette demande est juste, mais elle se heurte à un problème d'exécution : les sanctions ne mordent que si les États membres les appliquent. Or, certains ports européens restent laxistes. La Commission doit publier des chiffres sur les inspections et les arraisonnements, pas seulement des listes.
L'appel à des sanctions ciblées contre les fournisseurs d'équipements utilisés dans les attaques est pertinent. Mais il faut aller plus loin : les entreprises européennes qui continuent de vendre des composants à la Russie via des intermédiaires doivent être identifiées et sanctionnées. La transparence sur les chaînes d'approvisionnement est une condition de l'efficacité.
Enfin, le Parlement demande de réintroduire l'interdiction des importations de fourrure de zibeline russe. Cette mesure, aussi symbolique soit-elle, illustre un problème plus large : les sanctions européennes sont parfois contradictoires. Lever une interdiction sur un produit de luxe envoie un mauvais signal. La cohérence des sanctions est une condition de leur crédibilité.
Une résolution qui condamne sans décider laisse aux victimes le soin de payer le prix du temps perdu.