Le Parlement a approuvé une aide européenne de 678 millions d'euros pour déclasser la centrale nucléaire d'Ignalina en Lituanie entre le 1er janvier 2028 et le 31 décembre 2034. L'UE prendra en charge jusqu'à près de 86 % des coûts, le reste étant financé par la Lituanie et d'autres sources. Le texte adopté modifie la proposition initiale de la Commission en ajoutant des règles sur la protection du site contre les menaces hybrides et sur le partage des connaissances. C'est la position du Parlement ; le Conseil doit encore se prononcer.
La Lituanie s'est engagée, lors de son adhésion à l'UE en 2003, à fermer les deux réacteurs d'Ignalina, hérités de l'époque soviétique, et à les déclasser. L'UE finance cette opération depuis 2007. Le programme actuel arrive à échéance fin 2027 et la Commission a proposé de le prolonger. Le Parlement a voté pour cette prolongation, en y ajoutant des garanties de sécurité et de transparence.
Budget de 678 millions d'eurosLe programme dispose d'une enveloppe de 678 000 000 euros en prix courants (602 720 000 euros en prix de 2025) pour la période du 1er janvier 2028 au 31 décembre 2034.
Prise en charge jusqu'à 86 %Le taux maximal de cofinancement de l'UE s'approche de 86 % des coûts éligibles. Le reste est financé par la Lituanie et d'autres sources.
Protection contre les menaces hybridesLe site de déclassement doit être protégé contre les menaces hybrides, y compris les attaques de drones contre les infrastructures critiques. Le programme peut financer des mesures pour renforcer cette sécurité.
Partage des connaissances coordonné par le JRCLe Centre commun de recherche de la Commission coordonne la diffusion des connaissances sur le déclassement vers les États membres et, sous conditions, vers des pays tiers, avec des garanties de confidentialité.
Fin de l'ancien programme en 2028Le règlement de 2021 est abrogé à partir du 1er janvier 2028. Les actions en cours se poursuivent jusqu'à leur clôture.
Le Parlement a adopté le texte par 625 voix pour, 20 contre et 22 abstentions.
Cette décision engage l'argent des contribuables européens dans un chantier de très longue durée : démanteler et décontaminer les équipements et les puits des réacteurs d'Ignalina, gérer les déchets radioactifs et protéger les travailleurs et l'environnement. Elle vise aussi à éviter que la Lituanie ne supporte seule une facture jugée disproportionnée par rapport à sa taille. Les connaissances tirées de ce chantier seront partagées entre les États membres, ce qui peut aider d'autres pays à déclasser leurs propres installations. Le texte n'est pas encore définitif : le Conseil doit se prononcer, et le Parlement demande à être consulté à nouveau s'il modifie substantiellement la proposition.
Le Parlement a voté 678 millions d'euros pour poursuivre le déclassement de la centrale lituanienne d'Ignalina de 2028 à 2034, avec un cofinancement européen proche de 86 %. Le texte ajoute deux nouveautés utiles, la protection du site contre les drones et le partage des connaissances. Il ne règle pas la question de fond : pourquoi le contribuable européen paie-t-il encore, vingt ans après la fermeture, un chantier dont la responsabilité ultime reste lituanienne ?
Le déclassement d'Ignalina est un chantier légitime : deux réacteurs RBMK de type Tchernobyl, fermés en 2004 et 2009, laissent des équipements et des puits qu'il faut démanteler et décontaminer. La Lituanie ne peut pas porter seule une facture sans proportion avec la taille de son économie, et le protocole n° 4 de l'acte d'adhésion de 2003 l'engageait à fermer. Mais la prolongation jusqu'en 2034, avec une enveloppe en hausse par rapport aux 552 millions proposés par la Commission, transforme une aide exceptionnelle en rendez-vous budgétaire récurrent. Le Parlement a augmenté le budget sans conditionner davantage le décaissement à des jalons de performance. Or un chantier nucléaire dont le financement est garanti d'avance n'a aucune incitation à tenir les délais : le coût du retard est supporté par le budget de l'Union, pas par le maître d'ouvrage.
Les ajouts du Parlement vont dans le bon sens. La protection du site contre les menaces hybrides, drones compris, est une dépense de sécurité concrète, pas une clause de style : une attaque contre une infrastructure critique en cours de déclassement aurait des conséquences qui dépassent la Lituanie. Le partage des connaissances, coordonné par le Centre commun de recherche et financé à 100 % par INSC-D, peut aider d'autres États membres à déclasser leurs propres installations. Reste que ces deux ajouts ne corrigent pas l'architecture financière : le taux de 86 % reste un maximum global, et les contributions supplémentaires des États membres s'ajoutent à l'enveloppe sans contrôle parlementaire supplémentaire.
Une approche fondée sur la subsidiarité aurait maintenu la solidarité européenne mais lié chaque tranche de financement à des jalons vérifiables du plan de déclassement, avec un audit indépendant des coûts et une clause de retour en cas de dépassement. Elle aurait aussi plafonné la contribution de l'Union en valeur absolue, plutôt que de laisser une enveloppe ouverte à des ressources supplémentaires. Le Parlement a préféré une hausse du budget et des garanties de sécurité, sans mécanisme de performance. Pour le contribuable, la différence est simple : dans un cas, l'argent suit les résultats ; dans l'autre, il suit le calendrier.
Le texte n'est pas définitif. Le Conseil doit se prononcer, et le Parlement demande à être reconsulté s'il modifie substantiellement la proposition. C'est l'occasion de corriger ce qui manque : des jalons contraignants, un plafond réel et une évaluation indépendante des coûts avant chaque tranche. Sans cela, la solidarité européenne restera une ligne budgétaire, pas un engagement de résultat.
Une aide exceptionnelle devient une rente budgétaire dès lors que le retard ne coûte rien à celui qui le produit.
Le Parlement a voté 678 millions d'euros pour poursuivre le déclassement de la centrale lituanienne d'Ignalina de 2028 à 2034, avec un cofinancement européen proche de 86 %. Le texte ajoute deux nouveautés utiles, la protection du site contre les drones et le partage des connaissances. Il ne règle pas la question de fond : pourquoi le contribuable européen paie-t-il encore, vingt ans après la fermeture, un chantier dont la responsabilité ultime reste lituanienne ?
Le déclassement d'Ignalina est un chantier légitime : deux réacteurs RBMK de type Tchernobyl, fermés en 2004 et 2009, laissent des équipements et des puits qu'il faut démanteler et décontaminer. La Lituanie ne peut pas porter seule une facture sans proportion avec la taille de son économie, et le protocole n° 4 de l'acte d'adhésion de 2003 l'engageait à fermer. Mais la prolongation jusqu'en 2034, avec une enveloppe en hausse par rapport aux 552 millions proposés par la Commission, transforme une aide exceptionnelle en rendez-vous budgétaire récurrent. Le Parlement a augmenté le budget sans conditionner davantage le décaissement à des jalons de performance. Or un chantier nucléaire dont le financement est garanti d'avance n'a aucune incitation à tenir les délais : le coût du retard est supporté par le budget de l'Union, pas par le maître d'ouvrage.
Les ajouts du Parlement vont dans le bon sens. La protection du site contre les menaces hybrides, drones compris, est une dépense de sécurité concrète, pas une clause de style : une attaque contre une infrastructure critique en cours de déclassement aurait des conséquences qui dépassent la Lituanie. Le partage des connaissances, coordonné par le Centre commun de recherche et financé à 100 % par INSC-D, peut aider d'autres États membres à déclasser leurs propres installations. Reste que ces deux ajouts ne corrigent pas l'architecture financière : le taux de 86 % reste un maximum global, et les contributions supplémentaires des États membres s'ajoutent à l'enveloppe sans contrôle parlementaire supplémentaire.
Une approche fondée sur la subsidiarité aurait maintenu la solidarité européenne mais lié chaque tranche de financement à des jalons vérifiables du plan de déclassement, avec un audit indépendant des coûts et une clause de retour en cas de dépassement. Elle aurait aussi plafonné la contribution de l'Union en valeur absolue, plutôt que de laisser une enveloppe ouverte à des ressources supplémentaires. Le Parlement a préféré une hausse du budget et des garanties de sécurité, sans mécanisme de performance. Pour le contribuable, la différence est simple : dans un cas, l'argent suit les résultats ; dans l'autre, il suit le calendrier.
Le texte n'est pas définitif. Le Conseil doit se prononcer, et le Parlement demande à être reconsulté s'il modifie substantiellement la proposition. C'est l'occasion de corriger ce qui manque : des jalons contraignants, un plafond réel et une évaluation indépendante des coûts avant chaque tranche. Sans cela, la solidarité européenne restera une ligne budgétaire, pas un engagement de résultat.
Une aide exceptionnelle devient une rente budgétaire dès lors que le retard ne coûte rien à celui qui le produit.