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Textes adoptés
Adopté2026-09-15Social, emploi & éducation

Garantie pour la jeunesse: le Parlement veut maintenir 12,5 % du FSE+ pour l'emploi des jeunes

Texte adopté
Pour53079 %
Contre7712 %
Abstention619 %
Non votant00 %
Explication détaillée

Comprendre le texte adopté

En bref

Le Parlement européen a adopté le 15 septembre 2026 un rapport d'évaluation sur la mise en œuvre de la garantie renforcée pour la jeunesse. Il se félicite de l'extension de l'âge des bénéficiaires de 15-24 à 15-29 ans, mais déplore que certains États membres refusent de l'appliquer. Il demande que le prochain budget européen maintienne au moins 12,5 % du Fonds social européen (FSE+) pour l'emploi des jeunes et que le taux de chômage des jeunes redevienne un indicateur clé. Ce texte n'est pas une loi: il exprime la position du Parlement et s'adresse à la Commission et aux États membres.

01

Contexte

La garantie pour la jeunesse existe depuis 2013: elle devait offrir à chaque jeune de moins de 25 ans une offre d'emploi, de formation ou d'apprentissage dans les quatre mois suivant sa sortie de l'école ou la perte de son emploi. En 2024, le Conseil a renforcé ce dispositif en étendant la tranche d'âge aux 25-29 ans et en mettant l'accent sur la qualité des offres. Le Parlement a examiné comment cette version renforcée est appliquée sur le terrain. Son constat: le taux de NEET (jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation) est passé de 16,1 % en 2013 à 11 % en 2025, mais plus de la moitié des participants restent plus de quatre mois en phase préparatoire et la couverture reste inférieure à 50 % des NEET dans de nombreux pays.

02

Ce qui a été décidé

  1. 1

    Maintenir 12,5 % du FSE+ pour les jeunesLe Parlement demande que le prochain budget européen conserve au moins 12,5 % du Fonds social européen pour l'emploi des jeunes, l'éducation et la transition école-travail, dans un futur FSE distinct ciblant les moins de 30 ans. Il déplore que la proposition budgétaire 2028-2034 de la Commission ne contienne aucune enveloppe spécifique pour l'emploi des jeunes.

  2. 2

    Rétablir le chômage des jeunes comme indicateur cléLe taux de chômage des jeunes a été rétrogradé au rang d'indicateur auxiliaire dans la procédure sur les déséquilibres macroéconomiques. Le Parlement demande à la Commission de le rétablir comme indicateur clé, alors qu'il reste proche de 15 % dans l'Union, soit près de trois fois le taux général.

  3. 3

    Objectif NEET plus ambitieux pour 2030Le plan d'action sur le socle européen des droits sociaux vise à ramener le taux de NEET à 9 % d'ici 2030. Le Parlement appelle à un objectif plus ambitieux dans le nouveau plan d'action, sans fixer de nouveau chiffre.

  4. 4

    Suivi et données ventilées obligatoiresLe Parlement demande aux États membres de collecter en temps utile des données ventilées sur la qualité des offres, le type de contrat, la rémunération, l'accès à la protection sociale, la progression scolaire et le risque de redevenir NEET. Il invite la Commission à fournir une assistance technique aux pays dont les systèmes de suivi sont incomplets.

  5. 5

    Financement national en complémentLes États membres, en particulier ceux qui n'ont pas atteint l'objectif de réduction des NEET pour 2030, sont invités à compléter les fonds européens par des fonds nationaux. Le Parlement demande aussi un marqueur budgétaire national pour suivre clairement les dépenses liées à la garantie pour la jeunesse.

03

Résultat du vote

530Pour77Contre61Abstention

Le rapport a été adopté par 530 voix pour, 77 contre et 61 abstentions lors du vote électronique par appel nominal du 15 septembre 2026.

04

Ce que cela signifie pour les citoyens

Pour les jeunes de 15 à 29 ans, la garantie renforcée pour la jeunesse reste un droit à une offre de qualité dans les quatre mois, mais son application dépend des États membres. Le Parlement demande que le prochain budget européen maintienne au moins 12,5 % du FSE+ pour l'emploi des jeunes, ce qui conditionne le financement des dispositifs nationaux. Il réclame aussi un meilleur suivi des résultats, notamment sur la qualité des emplois et la protection sociale, et un objectif plus ambitieux de réduction des NEET d'ici 2030. Ces demandes ne sont pas contraignantes: elles s'adressent à la Commission et aux gouvernements, qui décideront des suites.

Tribune éditoriale

Garantie pour la jeunesse: 12,5 % du FSE+ à préserver, pas à diluer

Le Parlement européen a adopté le 15 septembre 2026 un rapport d'évaluation sur la garantie renforcée pour la jeunesse. Derrière le constat d'un chômage des jeunes à 15 % dans l'Union, trois fois le taux général, le vrai enjeu est budgétaire: la Commission propose un cadre 2028-2034 sans enveloppe dédiée à l'emploi des jeunes, alors que le Parlement exige de maintenir au moins 12,5 % du FSE+ pour les moins de 30 ans. Ce texte n'est pas une loi, mais il fixe le rapport de force avant la négociation du prochain budget.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Parlement demande que le prochain cadre financier maintienne au moins 12,5 % du FSE+ pour l'emploi, l'éducation et la formation des jeunes de moins de 30 ans, dans un futur FSE distinct.
  • Il réclame le rétablissement du taux de chômage des jeunes comme indicateur clé dans la procédure sur les déséquilibres macroéconomiques, où il a été rétrogradé au rang d'indicateur auxiliaire.
  • Il appelle à des données ventilées sur la qualité des offres (type de contrat, rémunération, protection sociale) et à un marqueur budgétaire national pour suivre les dépenses.
  • Le rapport a été adopté par 530 voix pour, 77 contre et 61 abstentions; il s'adresse à la Commission et aux États membres sans créer d'obligation juridique.

Un droit à l'offre qui reste théorique sans capacité ni financement

La garantie pour la jeunesse promet à chaque jeune une offre d'emploi, de formation ou d'apprentissage dans les quatre mois. En 2024, plus de la moitié des participants (54 %) sont restés en phase préparatoire plus de quatre mois, et le taux de couverture reste inférieur à 50 % des NEET dans de nombreux États membres. Le Parlement a raison de pointer l'écart entre la promesse et le terrain: sans capacité administrative des services publics de l'emploi, l'extension de la tranche d'âge aux 25-29 ans a augmenté le nombre de dossiers sans augmenter les moyens. Le résultat est un droit affiché que les administrations ne peuvent pas honorer.

Le Parlement demande aussi des données ventilées sur la qualité des offres, le type de contrat, la rémunération et l'accès à la protection sociale. C'est utile, mais il faut mesurer le coût: chaque obligation de collecte pèse sur les mêmes services qui peinent déjà à traiter les dossiers. La simplification consisterait à supprimer les indicateurs purement quantitatifs (taux de sortie rapide, nombre d'inscriptions) qui encouragent à remplir des cases plutôt qu'à placer durablement les jeunes. Le Parlement ne va pas jusque-là: il ajoute des indicateurs sans retirer les anciens.

Le 12,5 % du FSE+: une affectation héritée de l'IEJ que la Commission veut laisser disparaître

Le Parlement exige que le prochain cadre financier maintienne au moins 12,5 % du FSE+ pour l'emploi des jeunes, dans un futur FSE distinct ciblant les moins de 30 ans. Il déplore que la proposition 2028-2034 de la Commission ne contienne aucune enveloppe spécifique. Cette affectation est pourtant un héritage de l'Initiative pour l'emploi des jeunes, fusionnée dans le FSE+. La supprimer revient à faire financer la garantie pour la jeunesse par les mêmes fonds sociaux que les autres politiques, sans garantie que les jeunes en bénéficient. Pour les États membres dont le taux de NEET dépasse la moyenne de l'Union, c'est un risque direct de voir les dispositifs nationaux s'assécher.

Le Parlement demande un marqueur budgétaire national pour suivre les dépenses. C'est une bonne idée de transparence, mais elle ne remplace pas une conditionnalité: si les États membres ne déclarent pas leurs dépenses nationales, la comparaison reste impossible. Le Parlement aurait pu demander que le versement des fonds européens soit conditionné à la publication de ces données. Il ne le fait pas. C'est une occasion manquée de lier financement et responsabilité.

Le rapport mentionne aussi un budget spécifique d'au moins 20 milliards d'euros pour la garantie européenne pour l'enfance. Cette demande politique n'a pas de portée opérationnelle dans ce texte, mais elle illustre la tentation d'empiler les enveloppes sans réformer les mécanismes. La priorité devrait être de concentrer les fonds existants sur les NEET les plus éloignés du marché du travail, comme le Parlement le reconnaît lui-même.

Sans affectation budgétaire dédiée, la garantie pour la jeunesse restera une promesse que les services publics ne pourront pas tenir.

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