Le Parlement européen a adopté une résolution sur le rapport 2025 de la Commission concernant la Serbie. Il va plus loin que la Commission: il exige que les négociations d'adhésion n'avancent que si la Serbie s'aligne sur les sanctions de l'UE contre la Russie et progresse réellement sur l'état de droit, la lutte contre la corruption, les élections libres, la liberté des médias et l'indépendance de la justice. Il demande aussi que tout recul significatif soit pris en compte dans le rythme et l'intensité du soutien financier de préadhésion. Le texte est une position politique: il ne crée pas d'obligation juridique pour la Serbie.
Chaque année, la Commission publie un rapport sur les progrès de la Serbie vers l'adhésion à l'UE. Le rapport 2025 relève une mise en œuvre partielle des recommandations et des progrès limités, voire nuls, sur de nombreux critères. Le Parlement européen a examiné ce rapport et adopté sa propre résolution, qui prend acte des constats de la Commission mais durcit nettement les conditions politiques. Le texte s'inscrit dans le processus d'élargissement et dans le dispositif d'aide financière de préadhésion pour les Balkans occidentaux.
Adhésion conditionnée à l'alignement sur les sanctionsLes négociations d'adhésion de la Serbie ne devraient progresser que lorsqu'elle s'alignera sur les sanctions de l'UE contre la Russie et sur la base de progrès mesurables et durables dans le groupe de chapitres Fondamentaux (état de droit, élections libres et régulières, lutte contre la corruption et la criminalité organisée, indépendance du pouvoir judiciaire, liberté des médias, réforme de l'administration publique, fonctionnement des institutions démocratiques).
Soutien financier lié aux reculsLe Parlement demande à la Commission d'appliquer strictement le principe de la priorité aux fondamentaux et de tenir compte de tout recul significatif dans le rythme et l'intensité du soutien financier apporté au titre des instruments de préadhésion.
Fin de la coopération militaire avec la RussieLe Parlement demande la fermeture immédiate du centre humanitaire russo-serbe de Niš et la fin de toute coopération militaire de la Serbie avec la Russie.
Mise en garde sur les missiles chinoisLe Parlement condamne l'acquisition par la Serbie de missiles balistiques air-surface chinois CM-400AKG et avertit que ce renforcement militaire modifie l'équilibre sécuritaire régional.
Cadre national de résilience démocratiqueLe Parlement demande à la Serbie d'adopter et de mettre en œuvre sans délai un cadre national complet pour la résilience démocratique, avec des responsabilités institutionnelles claires, des rapports publics réguliers et la protection des organes de contrôle indépendants.
Le Parlement a adopté la résolution par 468 voix pour, 116 contre et 79 abstentions (vote électronique par appel nominal).
Pour les citoyens de l'UE, cette résolution signifie que le Parlement veut durcir les conditions d'adhésion de la Serbie: pas d'avancée des négociations sans alignement sur les sanctions contre la Russie et sans progrès vérifiables sur l'état de droit, la corruption, les élections, les médias et la justice. Elle demande aussi que les fonds européens de préadhésion soient ajustés en cas de recul significatif. Pour les citoyens serbes, cela peut se traduire par un rythme plus lent des négociations et un soutien financier plus conditionné, tant que ces exigences ne sont pas satisfaites. Le texte n'impose toutefois aucune obligation juridique directe à la Serbie: c'est une position politique du Parlement, qui invite la Commission et les États membres à agir en ce sens.
Le Parlement européen a adopté par 468 voix pour, 116 contre et 79 abstentions une résolution qui prend acte du rapport 2025 de la Commission sur la Serbie, mais qui va bien au-delà de ses constats prudents. Là où la Commission relevait une mise en œuvre partielle et des progrès limités, le Parlement exige désormais que les négociations d'adhésion n'avancent qu'avec un alignement sur les sanctions contre la Russie et des progrès mesurables dans le groupe Fondamentaux. Il demande aussi que tout recul significatif se traduise dans le rythme et l'intensité du soutien financier de préadhésion.
Le rapport de la Commission décrivait un pays partiellement préparé, avec un écart persistant entre les lois adoptées et leur application. Le Parlement transforme ce diagnostic en levier: il subordonne l'avancée des négociations à l'alignement sur les sanctions européennes contre la Russie et à des progrès vérifiables sur l'état de droit, les élections, la corruption, la justice et les médias. Le mécanisme est simple: sans ces résultats, pas de chapitre suivant.
La vraie innovation tient à l'argent. Le Parlement demande à la Commission de tenir compte de tout recul significatif dans le rythme et l'intensité du soutien de préadhésion. Jusqu'ici, l'aide finançait des réformes annoncées; désormais, elle devrait suivre des réformes constatées. Pour le contribuable européen, c'est la différence entre payer des intentions et payer des résultats.
Reste une limite: la résolution n'impose aucune obligation juridique à la Serbie. Elle oriente la Commission et les États membres, elle ne les contraint pas. Une approche fondée sur la subsidiarité et le marché ferait un pas de plus: conditionner chaque versement à des jalons vérifiables, publiés, et laisser les entreprises européennes juger sur pièces l'ouverture réelle du marché serbe.
Le Parlement pointe la dépendance énergétique et les investissements russes et chinois, y compris l'acquisition de missiles CM-400AKG et les projets miniers de Bor et Majdanpek. Ce n'est pas de la géopolitique décorative: un pays candidat qui achète ses armes et son gaz ailleurs qu'en Europe, sans transparence sur ses marchés publics, reste un point d'entrée pour des influences hostiles. La demande de transparence dans les procédures de passation, de privatisation et de concessions est ici la plus utile du texte.
Sur l'état de droit, le Parlement déplore un recul et une rhétorique gouvernementale hostile. Il a raison de le dire, mais la pression crédible ne vient pas des communiqués: elle vient de l'accès au marché et des fonds suspendus. Un État qui veut entrer dans l'Union doit accepter que ses entreprises et ses citoyens paient le coût de ses choix géopolitiques, pas seulement en recevoir les bénéfices.
Une adhésion n'est pas un dû: c'est un contrat dont chaque clause se vérifie.
Le Parlement européen a adopté par 468 voix pour, 116 contre et 79 abstentions une résolution qui prend acte du rapport 2025 de la Commission sur la Serbie, mais qui va bien au-delà de ses constats prudents. Là où la Commission relevait une mise en œuvre partielle et des progrès limités, le Parlement exige désormais que les négociations d'adhésion n'avancent qu'avec un alignement sur les sanctions contre la Russie et des progrès mesurables dans le groupe Fondamentaux. Il demande aussi que tout recul significatif se traduise dans le rythme et l'intensité du soutien financier de préadhésion.
Le rapport de la Commission décrivait un pays partiellement préparé, avec un écart persistant entre les lois adoptées et leur application. Le Parlement transforme ce diagnostic en levier: il subordonne l'avancée des négociations à l'alignement sur les sanctions européennes contre la Russie et à des progrès vérifiables sur l'état de droit, les élections, la corruption, la justice et les médias. Le mécanisme est simple: sans ces résultats, pas de chapitre suivant.
La vraie innovation tient à l'argent. Le Parlement demande à la Commission de tenir compte de tout recul significatif dans le rythme et l'intensité du soutien de préadhésion. Jusqu'ici, l'aide finançait des réformes annoncées; désormais, elle devrait suivre des réformes constatées. Pour le contribuable européen, c'est la différence entre payer des intentions et payer des résultats.
Reste une limite: la résolution n'impose aucune obligation juridique à la Serbie. Elle oriente la Commission et les États membres, elle ne les contraint pas. Une approche fondée sur la subsidiarité et le marché ferait un pas de plus: conditionner chaque versement à des jalons vérifiables, publiés, et laisser les entreprises européennes juger sur pièces l'ouverture réelle du marché serbe.
Le Parlement pointe la dépendance énergétique et les investissements russes et chinois, y compris l'acquisition de missiles CM-400AKG et les projets miniers de Bor et Majdanpek. Ce n'est pas de la géopolitique décorative: un pays candidat qui achète ses armes et son gaz ailleurs qu'en Europe, sans transparence sur ses marchés publics, reste un point d'entrée pour des influences hostiles. La demande de transparence dans les procédures de passation, de privatisation et de concessions est ici la plus utile du texte.
Sur l'état de droit, le Parlement déplore un recul et une rhétorique gouvernementale hostile. Il a raison de le dire, mais la pression crédible ne vient pas des communiqués: elle vient de l'accès au marché et des fonds suspendus. Un État qui veut entrer dans l'Union doit accepter que ses entreprises et ses citoyens paient le coût de ses choix géopolitiques, pas seulement en recevoir les bénéfices.
Une adhésion n'est pas un dû: c'est un contrat dont chaque clause se vérifie.