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Adopté2026-06-18Affaires étrangères & défense

Cuba : le Parlement européen réclame la libération des prisonniers politiques et des sanctions ciblées

Texte adopté
Pour28350 %
Contre19935 %
Abstention8515 %
Non votant00 %
Explication détaillée

Comprendre le texte adopté

En bref

Le Parlement européen a adopté une résolution qui condamne la répression systématique du régime cubain et exige la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers politiques, y compris les mineurs. Il appelle à des sanctions ciblées contre les responsables de la répression, dont Miguel Díaz-Canel et les dirigeants du GAESA, et demande que l'Union suspende l'accord de dialogue politique et de coopération avec Cuba si des mesures concrètes de transition démocratique ne sont pas prises rapidement. Le texte invite aussi à livrer l'aide humanitaire directement au peuple cubain, en contournant l'État.

01

Contexte

Cuba traverse une crise profonde : coupures d'électricité pouvant durer jusqu'à 22 heures par jour, pénuries de nourriture, d'eau et de médicaments, et une inflation cumulée de plus de 500 % sur quatre ans. Selon l'ONG Prisoners Defenders, 1 281 prisonniers politiques étaient détenus fin mai 2026, dont des mineurs. Le Parlement européen avait déjà alerté à plusieurs reprises sur la situation des droits humains dans l'île et sur l'application de l'accord UE-Cuba signé en 2016.

02

Ce qui a été décidé

  1. 1

    Libération des prisonniers politiquesLe Parlement exige la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers politiques et personnes détenues arbitrairement, y compris les mineurs, la fin des tortures et des mauvais traitements, ainsi qu'un accès immédiat à des procès équitables et à des soins médicaux pour les personnes gravement malades.

  2. 2

    Sanctions ciblées contre les responsablesIl demande des mesures ciblées au titre du régime mondial de sanctions de l'UE en matière de droits de l'homme contre les responsables de la répression, à commencer par les plus hauts dirigeants, dont Miguel Díaz-Canel, les responsables de la chaîne de commandement sécuritaire, judiciaire et pénitentiaire, ainsi que les dirigeants du GAESA.

  3. 3

    Suspension conditionnelle de l'accord UE-CubaLe Parlement invite la vice-présidente de la Commission et les États membres à déclarer que, sans mesures explicites, concrètes et significatives à court terme (feuille de route pour la transition démocratique, libération de près de 1 300 prisonniers politiques, autorisation de retour sans représailles pour les exilés), l'Union suspendra sans délai l'accord de dialogue politique et de coopération.

  4. 4

    Aide humanitaire sans intermédiation de l'ÉtatIl appelle la Commission et les États membres à mettre en place des canaux humanitaires pour fournir énergie, nourriture et médicaments directement au peuple cubain et aux entreprises indépendantes, en contournant l'État, et invite tous les donateurs à accroître une aide qui doit rester protégée et ne jamais financer le régime.

  5. 5

    Accès aux lieux de détentionLe Parlement exige que le régime accorde au Comité international de la Croix-Rouge, aux rapporteurs spéciaux des Nations unies, à une délégation du Parlement européen et à des observateurs indépendants un accès sans entrave à tous les lieux de détention.

03

Résultat du vote

283Pour199Contre85Abstention

La résolution a été adoptée par 283 voix pour, 199 voix contre et 85 abstentions lors d'un vote électronique par appel nominal.

04

Ce que cela signifie pour les citoyens

Cette résolution est une position politique du Parlement européen : elle ne change pas directement le droit de l'UE ni le statut de l'accord avec Cuba, mais elle engage le Parlement à demander des comptes au régime cubain. Concrètement, elle appelle à des sanctions contre des responsables nommés et à une suspension de l'accord si rien ne bouge, et elle soutient une aide humanitaire qui parvienne directement aux Cubains sans passer par l'État. Pour les citoyens européens, cela signifie que leur Parlement pousse à une ligne plus ferme envers La Havane, sans obligation juridique immédiate pour les États membres.

Tribune éditoriale

Cuba : le Parlement exige la libération des prisonniers politiques et des sanctions ciblées

Le Parlement européen a adopté une résolution qui condamne la répression systématique du régime cubain et exige la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers politiques, y compris les mineurs. Il appelle à des sanctions ciblées contre les responsables de la répression, dont Miguel Díaz-Canel et les dirigeants du GAESA, et demande que l'Union suspende l'accord de dialogue politique et de coopération avec Cuba si des mesures concrètes de transition démocratique ne sont pas prises rapidement. Le texte invite aussi à livrer l'aide humanitaire directement au peuple cubain, en contournant l'État.

Ce qu'il faut retenir

  • Libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers politiques, y compris les mineurs, et fin des tortures.
  • Sanctions ciblées au titre du régime mondial de sanctions de l'UE contre les responsables de la répression, dont Miguel Díaz-Canel et les dirigeants du GAESA.
  • Suspension de l'accord UE-Cuba si le régime ne prend pas de mesures explicites, concrètes et significatives à court terme (feuille de route pour la transition démocratique, libération de près de 1 300 prisonniers politiques, retour des exilés sans représailles).
  • Aide humanitaire acheminée directement au peuple cubain et aux entreprises indépendantes, en contournant l'État, sans jamais financer le régime.

Un régime qui affame et emprisonne

La résolution du Parlement européen ne se contente pas de condamner la répression ; elle en décrit le mécanisme. Cinquante ans de choix communistes ont plongé Cuba dans une crise profonde : coupures d'électricité jusqu'à 22 heures par jour, pénuries de nourriture, d'eau et de médicaments, inflation cumulée de plus de 500 % sur quatre ans. Les salaires d'État, entre 15 et 25 dollars par mois au taux du marché noir, ne permettent pas de survivre. Selon l'Observatoire cubain des droits de l'homme, 89 % des familles vivent dans l'extrême pauvreté et sept Cubains sur dix sautent des repas. Le régime maintient la population dans la dépendance par la pénurie organisée.

À cette misère s'ajoute la répression politique. Prisoners Defenders recense 1 281 prisonniers politiques fin mai 2026, dont des mineurs, et documente la torture systématique, les violences sexuelles et le déni de soins. Le Parlement exige la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers politiques et des personnes détenues arbitrairement, la fin des mauvais traitements, des procès équitables et une réparation intégrale pour les victimes. Il demande aussi que le Comité international de la Croix-Rouge, les rapporteurs spéciaux des Nations unies, une délégation du Parlement européen et des observateurs indépendants puissent accéder sans entrave à tous les lieux de détention.

Sanctions et conditionnalité : la fin de la complaisance

Le Parlement demande des mesures ciblées au titre du régime mondial de sanctions de l'UE en matière de droits de l'homme contre les responsables de la répression, à commencer par les plus hauts dirigeants, dont Miguel Díaz-Canel, les responsables de la chaîne de commandement sécuritaire, judiciaire et pénitentiaire, ainsi que les dirigeants du GAESA. Il ne s'agit pas de sanctions économiques générales qui frapperaient la population, mais de mesures individualisées contre ceux qui ordonnent ou exécutent la répression. Cette approche est libérale : elle cible les responsables, pas les victimes.

Sur l'accord de dialogue politique et de coopération, le Parlement invite la vice-présidente de la Commission et les États membres à déclarer que, sans mesures explicites, concrètes et significatives à court terme (feuille de route pour la transition démocratique, libération de près de 1 300 prisonniers politiques, autorisation de retour sans représailles pour les exilés), l'Union suspendra sans délai l'accord. La clause de suspension existe déjà (article 85, paragraphe 3, point b) ; le Parlement demande qu'on ose s'en servir. C'est une question de crédibilité : un accord systématiquement violé par le régime ne peut servir de paravent.

Le texte appelle aussi à des canaux humanitaires directs vers le peuple cubain et les entreprises indépendantes, en contournant l'État, et à ce que l'aide ne finance jamais le régime. L'alternative libérale serait de conditionner toute aide à des réformes économiques réelles : sécurité juridique, liberté d'entreprendre, ouverture aux investissements. Le Parlement le demande aussi, mais l'aide directe reste une bouée de sauvetage, pas une solution durable. La solution, c'est la fin du monopole d'État sur l'économie.

Un régime qui affame son peuple et emprisonne ses dissidents ne peut pas être un partenaire commercial et politique comme les autres.

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