Logo The European Citizen
Textes adoptés
Adopté2026-06-17Affaires étrangères & défense

Le Parlement européen soutient l'adhésion du Kosovo et réclame la reconnaissance par les cinq États membres

Texte adopté
Pour41264 %
Contre17427 %
Abstention589 %
Non votant00 %
Explication détaillée

Comprendre le texte adopté

En bref

Le Parlement européen a adopté une résolution qui soutient l'adhésion du Kosovo à l'Union européenne et demande au Conseil d'inviter la Commission à présenter son questionnaire et son avis sur la demande d'adhésion déposée en décembre 2022. Il appelle les cinq États membres qui n'ont pas reconnu le Kosovo à le faire sans tarder. Le texte salue la levée des mesures de l'Union contre le Kosovo et le déblocage de 216 millions d'euros en décembre 2025 et de 205 millions d'euros début 2026. Le Parlement demande aussi des réformes sur l'état de droit, la corruption, la criminalité organisée, les médias et l'administration publique. Le Parlement demande à la Commission d'agir ; ce n'est pas une loi.

01

Contexte

Le Kosovo a présenté sa demande d'adhésion à l'Union européenne en décembre 2022. La Commission a publié son rapport annuel 2025 sur le Kosovo, qui évalue les progrès du pays en matière de réformes et d'intégration européenne. Le Parlement européen examine ce rapport chaque année et adopte une résolution qui exprime sa position politique. Cette résolution n'est pas un acte législatif : elle ne crée pas d'obligations juridiques pour les États membres ni pour le Kosovo. Elle sert à orienter l'action de la Commission et du Conseil.

02

Ce qui a été décidé

  1. 1

    Demande d'adhésion soutenueLe Parlement soutient la demande d'adhésion du Kosovo déposée en décembre 2022 et demande au Conseil d'inviter la Commission à présenter son questionnaire et son avis sans délai. Il invite le Conseil à accorder le statut de pays candidat une fois les critères remplis.

  2. 2

    Reconnaissance par les cinq États membresLe Parlement appelle les cinq États membres de l'Union qui n'ont pas encore reconnu l'indépendance du Kosovo à le faire sans tarder, afin que le pays avance sur un pied d'égalité avec les autres candidats.

  3. 3

    Aide débloquée : 216 et 205 millionsLe Parlement salue la levée des mesures de l'Union contre le Kosovo et le déblocage de 216 millions d'euros en contrats prioritaires et programmation en décembre 2025, puis des 205 millions d'euros restants début 2026.

  4. 4

    Réformes conditionnées à des résultatsLe Parlement demande au Kosovo de progresser sur l'état de droit, les libertés fondamentales et la lutte contre la corruption, notamment la corruption de haut niveau. Toute aide de préadhésion doit rester strictement subordonnée à des résultats mesurables et vérifiables.

  5. 5

    Stratégies anticorruption et criminalitéLe Parlement réclame l'adoption rapide d'une stratégie nationale et d'un plan d'action contre la corruption pour 2025-2028, un recours accru aux déclarations de patrimoine et aux plans d'intégrité, ainsi qu'une stratégie et un plan d'action contre la criminalité organisée.

  6. 6

    Itinérance et transition numériqueLe Parlement appelle à l'adoption rapide des mandats de négociation pour étendre le régime d'itinérance aux tarifs nationaux de l'Union aux Balkans occidentaux, y compris au Kosovo. Il demande aussi l'alignement du Kosovo sur le code des communications électroniques, la directive SRI 2, la boîte à outils 5G, le règlement sur les services numériques, le règlement sur les marchés numériques et le cadre européen d'identité numérique.

03

Résultat du vote

412Pour174Contre58Abstention

Le Parlement européen a adopté la résolution par 412 voix pour, 174 voix contre et 58 abstentions lors d'un vote électronique par appel nominal le 17 juin 2026.

04

Ce que cela signifie pour les citoyens

Pour les citoyens du Kosovo, cette résolution signifie que le Parlement européen soutient leur perspective d'adhésion et demande que les cinq États membres qui ne reconnaissent pas encore le Kosovo le fassent. Le déblocage de 216 millions d'euros en décembre 2025 et de 205 millions d'euros début 2026 pourrait financer des projets concrets, mais le Parlement insiste pour que toute aide future dépende de résultats mesurables dans la lutte contre la corruption et l'état de droit. Les citoyens des Balkans occidentaux pourraient aussi bénéficier à terme d'une extension du régime d'itinérance aux tarifs nationaux de l'Union, ce qui réduirait le coût des communications mobiles dans la région. Cette résolution n'est pas une loi : elle exprime la position politique du Parlement et demande à la Commission et aux États membres d'agir.

Tribune éditoriale

Kosovo : le Parlement soutient l'adhésion, les cinq États membres doivent reconnaître

Le Parlement européen a adopté une résolution qui soutient la demande d'adhésion du Kosovo déposée en décembre 2022 et demande au Conseil d'inviter la Commission à présenter son questionnaire et son avis. Il appelle les cinq États membres qui n'ont pas reconnu le Kosovo à le faire sans tarder. Ce n'est pas une loi, mais un signal politique clair : l'avenir du Kosovo est dans l'Union, et les retards ont un coût.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Parlement soutient la demande d'adhésion du Kosovo (décembre 2022) et demande au Conseil d'inviter la Commission à présenter son questionnaire et son avis sans délai.
  • Il appelle les cinq États membres qui n'ont pas reconnu le Kosovo à le faire sans tarder, afin que le pays avance sur un pied d'égalité avec les autres candidats.
  • Il salue la levée des mesures de l'Union contre le Kosovo et le déblocage de 216 millions d'euros en décembre 2025 et de 205 millions d'euros début 2026, tout en conditionnant toute aide future à des résultats mesurables.
  • Il réclame des réformes sur l'état de droit, la corruption, la criminalité organisée, les médias et l'administration publique, et l'extension du régime d'itinérance aux Balkans occidentaux.

Une reconnaissance qui traîne, un coût qui s'accumule

Cinq États membres n'ont toujours pas reconnu l'indépendance du Kosovo, proclamée en 2008. Cette situation bloque la voie européenne du pays : sans reconnaissance unanime, le Kosovo ne peut pas avancer sur un pied d'égalité avec les autres candidats. Le Parlement demande à ces cinq États de reconnaître le Kosovo sans tarder. Ce n'est pas une obligation juridique, mais un appel politique pressant. Chaque année de retard, c'est une année de réformes qui ne sont pas financées, de projets qui ne voient pas le jour, et de crédibilité européenne qui s'effrite dans une région où la Russie et la Chine avancent leurs pions.

Le Parlement salue la levée des mesures de l'Union contre le Kosovo, qui avaient été prises en 2023 après des tensions dans le nord du pays. Ces mesures ont eu des répercussions négatives sur la société kosovare, en particulier sur les communautés locales, les organisations de la société civile et les petites et moyennes entreprises. Leur levée a permis de débloquer 216 millions d'euros en décembre 2025 et 205 millions d'euros début 2026. Mais le Parlement regrette le manque de transparence et la durée prolongée de ces mesures, alors que le Kosovo avait rempli les exigences. Un rappel : les sanctions économiques sont des armes à double tranchant ; elles pénalisent d'abord les citoyens et les entreprises, pas les gouvernements.

Conditionner l'aide, pas la retarder

Le Parlement insiste : toute aide de préadhésion doit rester strictement subordonnée à des résultats mesurables et vérifiables en matière d'état de droit, de libertés fondamentales et de lutte contre la corruption, notamment la corruption de haut niveau. C'est une position saine : l'argent des contribuables européens ne doit pas financer des réformes de façade. Mais il faut être clair sur le mécanisme : si l'aide est versée avant les résultats, elle récompense l'annonce, pas l'action. Si elle est versée après, elle finance des réformes déjà réalisées, ce qui peut décourager les États qui n'ont pas les moyens d'avancer seuls. La conditionnalité doit donc être progressive et accompagnée d'un soutien technique, pas d'un chantage permanent.

Le Parlement demande aussi au Kosovo d'adopter rapidement une stratégie nationale et un plan d'action contre la corruption pour 2025-2028, ainsi qu'une stratégie contre la criminalité organisée. Il pointe la baisse du Kosovo dans l'indice de perception de la corruption : 76e sur 182 pays en 2025, soit trois places de moins qu'en 2024. La corruption est un problème systémique qui compromet le fonctionnement des institutions et la confiance du public. Sans résultats concrets, les investissements étrangers resteront timides et les jeunes continueront de partir. Le Parlement a raison d'insister, mais il doit aussi veiller à ce que l'Union ne submerge pas le Kosovo de rapports et de missions d'évaluation qui retardent les réformes au lieu de les accélérer.

Une opportunité à saisir pour les Balkans

Le Parlement appelle à l'adoption rapide des mandats de négociation pour étendre le régime d'itinérance aux tarifs nationaux de l'Union aux Balkans occidentaux, y compris au Kosovo. Cette mesure concrète réduirait le coût des communications mobiles pour les citoyens et les entreprises, et renforcerait la connectivité régionale. C'est le genre d'initiative qui rapproche l'Union de ses voisins sans discours. Le Parlement demande aussi l'alignement du Kosovo sur le code des communications électroniques, la directive SRI 2, la boîte à outils 5G, le règlement sur les services numériques, le règlement sur les marchés numériques et le cadre européen d'identité numérique. Autant de règles qui, si elles sont transposées sans discernement, alourdissent les coûts pour les entreprises locales. L'Union doit aider le Kosovo à adopter ces normes de manière proportionnée, pas imposer une bureaucratie supplémentaire.

Reconnaître le Kosovo, ce n'est pas un cadeau : c'est une condition pour que l'Europe reste crédible dans les Balkans.

Agir sur ce texte
Présence ce jour‑là
Feuille pas encore publiée
Feuille pas encore publiéePubliée quelques jours après la séance.
Voir le texte complet
Partager
ce vote