Le Parlement européen a adopté une résolution qui demande de passer à une phase de reconstitution et de rétablissement des stocks de poissons de la mer Baltique, avec la possibilité de suspendre la pêche ciblée de certains stocks. Il réclame aussi la création d'un fonds dédié à la reprise et à la transition de la pêche en Baltique, ainsi qu'une évaluation et une éventuelle révision du plan de gestion actuel. Le texte n'est pas une loi : il demande à la Commission et aux États membres d'agir.
Le plan pluriannuel pour la mer Baltique encadre depuis 2016 la gestion du cabillaud, du hareng et du sprat. Malgré ce plan, plusieurs stocks continuent de décliner, et la fermeture de la pêche ciblée du cabillaud en 2019 a fragilisé les communautés côtières. Le Parlement estime que la phase de simple mise en œuvre du plan ne suffit plus et qu'il faut passer à une logique de reconstitution des stocks, tout en soutenant économiquement les pêcheurs touchés.
Passer à la reconstitution des stocksLa Commission et les États membres sont invités à abandonner la simple mise en œuvre du plan actuel pour entrer dans une phase de reconstitution et de rétablissement des stocks halieutiques, en se fondant sur les meilleurs avis scientifiques disponibles.
Suspendre la pêche ciblée si nécessaireDes mesures correctives comme la suspension de la pêche ciblée de certains stocks de la Baltique, prévue par le plan pluriannuel, doivent être envisagées sur base scientifique, tout en évitant de compromettre la stabilité socio-économique des communautés côtières.
Créer un fonds pour la BaltiqueLa Commission est invitée à créer un fonds consacré à la reprise et à la transition de la pêche en mer Baltique, pour financer la restructuration de la flotte, la modernisation technologique, la compensation des pertes dues aux interdictions de pêche et la préservation des communautés côtières.
Soutenir les pêcheurs touchésUn soutien social et financier est demandé, avec une compensation temporaire et une aide à la transition pour les pêcheurs, en distinguant clairement la cessation temporaire de la cessation définitive dans les programmes d'aide.
Réviser le plan de gestionLa Commission est invitée à lancer une évaluation et une éventuelle révision du plan pluriannuel pour la Baltique afin d'améliorer sa clarté, sa cohérence et son application pratique, et d'évaluer l'inclusion du saumon et de la truite parmi les stocks couverts.
Le Parlement a adopté la résolution par 337 voix pour, 178 contre et 44 abstentions lors d'un vote électronique par appel nominal le 21 mai 2026.
Pour les pêcheurs et les communautés côtières de la Baltique, cette résolution ouvre la voie à un soutien financier spécifique et à une compensation pour les pertes liées aux fermetures de pêche. Elle demande aussi que les décisions futures sur les quotas soient prises sur base scientifique et en tenant compte des réalités socio-économiques. Pour les consommateurs, elle vise à préserver la disponibilité à long terme des poissons de la Baltique, notamment le hareng et le sprat, tout en évitant l'effondrement des stocks. Le texte n'est pas une loi : il faudra que la Commission et les États membres donnent suite à ces demandes pour qu'elles se traduisent en actes.
Le Parlement européen demande de passer d'une simple mise en œuvre du plan pluriannuel pour la Baltique à une phase de reconstitution des stocks, avec suspension possible de la pêche ciblée et création d'un fonds dédié. Sur le papier, la résolution adoptée le 21 mai 2026 par 337 voix contre 178 et 44 abstentions dit l'urgence. Dans les faits, elle ajoute surtout des demandes à une Commission et à des États membres qui n'ont pas su appliquer le plan existant. Le problème n'est pas le diagnostic, c'est l'instrument.
Le plan pluriannuel pour la Baltique encadre depuis 2016 la gestion du cabillaud, du hareng et du sprat. Il prévoit déjà des mesures correctives, des seuils de référence et des règles d'exploitation. Le Parlement constate que plusieurs stocks continuent de décliner et demande d'aller plus loin. Mais il ne dit pas pourquoi les outils existants n'ont pas fonctionné. La réponse est pourtant simple : les décisions annuelles du Conseil sur les quotas ont régulièrement ignoré les avis scientifiques, et les États membres n'ont pas sanctionné les infractions. Ajouter un fonds et une nouvelle phase ne corrige pas ce mécanisme. Si le Conseil continue de fixer des captures au-dessus des recommandations du CIEM, aucun fonds ne reconstituera les stocks.
La résolution demande aussi que la Commission, gardienne des traités, agisse lorsque le Conseil et les États membres enfreignent les règles du plan. C'est le seul levier crédible. Mais il suppose une volonté politique que les mêmes États membres n'ont pas montrée jusqu'ici. Le Parlement a raison d'insister, mais il devrait conditionner son soutien à des actes, pas à des annonces.
La création d'un fonds pour la reprise et la transition de la pêche en Baltique est présentée comme une réponse sociale. Elle l'est en partie : les fermetures de pêche au cabillaud depuis 2019 ont fragilisé des communautés côtières, et les petites entreprises n'ont pas été correctement compensées. Mais un fonds européen ne crée pas de poissons. Il organise le transfert d'argent public vers des activités qui, si les quotas restent mal fixés, resteront non rentables. Le vrai soutien aux pêcheurs, c'est un cadre réglementaire stable qui leur permette de planifier, pas une subvention qui compense l'instabilité entretenue par les décisions annuelles.
Le Parlement demande une distinction claire entre cessation temporaire et cessation définitive. C'est une bonne chose : la cessation définitive doit réduire la capacité là où elle est excessive, pas maintenir artificiellement des flottes que la ressource ne peut plus porter. Mais il faudrait aussi dire qui paie. Un fonds européen signifie des contributions nationales et une nouvelle ligne budgétaire, donc moins de marges pour les États qui veulent baisser les prélèvements. L'alternative libérale serait de laisser les États membres gérer eux-mêmes l'indemnisation de leurs pêcheurs, avec leurs propres finances, et de concentrer l'action européenne sur la seule chose qu'elle peut faire : faire respecter les règles existantes et cesser de surpêcher.
Le texte insiste sur les avis du CIEM et demande à la Commission de rendre publiques ses demandes d'avis. C'est une exigence de transparence bienvenue. Il demande aussi d'éviter les réductions automatiques et de tenir compte des réalités socio-économiques. Sur ce point, le Parlement marche sur une ligne de crête. La gestion durable suppose des règles prévisibles, pas des ajustements discrétionnaires au coup par coup. Si chaque baisse de quota doit être négociée en fonction de son impact social, les stocks ne se reconstitueront jamais. La bonne approche est celle d'un cadre clair, fondé sur la science, avec des mécanismes de compensation pour les pêcheurs, pas une flexibilité qui vide la règle de son sens.
L'invitation à interdire le chalutage pour la farine et l'huile de poisson pendant la phase de reconstitution est cohérente avec l'objectif de consommation humaine directe. Mais elle reste une invitation. Le Parlement aurait pu demander une proposition législative contraignante. Il ne l'a pas fait. C'est le signe d'une résolution qui préfère le signal à l'acte.
Sans décisions de quotas conformes à la science, le fonds pour la Baltique ne sera qu'un pansement sur une hémorragie.
Le Parlement européen demande de passer d'une simple mise en œuvre du plan pluriannuel pour la Baltique à une phase de reconstitution des stocks, avec suspension possible de la pêche ciblée et création d'un fonds dédié. Sur le papier, la résolution adoptée le 21 mai 2026 par 337 voix contre 178 et 44 abstentions dit l'urgence. Dans les faits, elle ajoute surtout des demandes à une Commission et à des États membres qui n'ont pas su appliquer le plan existant. Le problème n'est pas le diagnostic, c'est l'instrument.
Le plan pluriannuel pour la Baltique encadre depuis 2016 la gestion du cabillaud, du hareng et du sprat. Il prévoit déjà des mesures correctives, des seuils de référence et des règles d'exploitation. Le Parlement constate que plusieurs stocks continuent de décliner et demande d'aller plus loin. Mais il ne dit pas pourquoi les outils existants n'ont pas fonctionné. La réponse est pourtant simple : les décisions annuelles du Conseil sur les quotas ont régulièrement ignoré les avis scientifiques, et les États membres n'ont pas sanctionné les infractions. Ajouter un fonds et une nouvelle phase ne corrige pas ce mécanisme. Si le Conseil continue de fixer des captures au-dessus des recommandations du CIEM, aucun fonds ne reconstituera les stocks.
La résolution demande aussi que la Commission, gardienne des traités, agisse lorsque le Conseil et les États membres enfreignent les règles du plan. C'est le seul levier crédible. Mais il suppose une volonté politique que les mêmes États membres n'ont pas montrée jusqu'ici. Le Parlement a raison d'insister, mais il devrait conditionner son soutien à des actes, pas à des annonces.
La création d'un fonds pour la reprise et la transition de la pêche en Baltique est présentée comme une réponse sociale. Elle l'est en partie : les fermetures de pêche au cabillaud depuis 2019 ont fragilisé des communautés côtières, et les petites entreprises n'ont pas été correctement compensées. Mais un fonds européen ne crée pas de poissons. Il organise le transfert d'argent public vers des activités qui, si les quotas restent mal fixés, resteront non rentables. Le vrai soutien aux pêcheurs, c'est un cadre réglementaire stable qui leur permette de planifier, pas une subvention qui compense l'instabilité entretenue par les décisions annuelles.
Le Parlement demande une distinction claire entre cessation temporaire et cessation définitive. C'est une bonne chose : la cessation définitive doit réduire la capacité là où elle est excessive, pas maintenir artificiellement des flottes que la ressource ne peut plus porter. Mais il faudrait aussi dire qui paie. Un fonds européen signifie des contributions nationales et une nouvelle ligne budgétaire, donc moins de marges pour les États qui veulent baisser les prélèvements. L'alternative libérale serait de laisser les États membres gérer eux-mêmes l'indemnisation de leurs pêcheurs, avec leurs propres finances, et de concentrer l'action européenne sur la seule chose qu'elle peut faire : faire respecter les règles existantes et cesser de surpêcher.
Le texte insiste sur les avis du CIEM et demande à la Commission de rendre publiques ses demandes d'avis. C'est une exigence de transparence bienvenue. Il demande aussi d'éviter les réductions automatiques et de tenir compte des réalités socio-économiques. Sur ce point, le Parlement marche sur une ligne de crête. La gestion durable suppose des règles prévisibles, pas des ajustements discrétionnaires au coup par coup. Si chaque baisse de quota doit être négociée en fonction de son impact social, les stocks ne se reconstitueront jamais. La bonne approche est celle d'un cadre clair, fondé sur la science, avec des mécanismes de compensation pour les pêcheurs, pas une flexibilité qui vide la règle de son sens.
L'invitation à interdire le chalutage pour la farine et l'huile de poisson pendant la phase de reconstitution est cohérente avec l'objectif de consommation humaine directe. Mais elle reste une invitation. Le Parlement aurait pu demander une proposition législative contraignante. Il ne l'a pas fait. C'est le signe d'une résolution qui préfère le signal à l'acte.
Sans décisions de quotas conformes à la science, le fonds pour la Baltique ne sera qu'un pansement sur une hémorragie.