Le 11 mars 2026, le Parlement européen a adopté une résolution sur les priorités sociales et d'emploi pour le Semestre européen 2026. Ce texte, porté par la députée Nela Riehl, définit la position du Parlement sur la coordination des politiques économiques dans l'UE, en mettant l'accent sur l'emploi de qualité, la protection sociale et l'inclusion.
Le Semestre européen est un cycle annuel de coordination des politiques économiques et budgétaires des États membres de l'UE. Chaque année, la Commission européenne publie des orientations, que le Parlement examine et sur lesquelles il vote une résolution. Pour 2026, le débat s'inscrit dans un contexte de reprise post-pandémique, de tensions inflationnistes et de défis démographiques. Le Parlement insiste sur la nécessité de concilier discipline budgétaire et investissements sociaux.
Dans sa résolution, le Parlement :
La résolution a été adoptée par 404 voix pour, 208 contre et 20 abstentions. Ce large soutien reflète un consensus entre les principaux groupes politiques sur la nécessité de maintenir une dimension sociale forte dans la coordination économique européenne.
Bien que cette résolution ne crée pas directement de nouvelles lois, elle influence les recommandations que la Commission adressera aux États membres. Concrètement, elle peut encourager votre gouvernement à :
En tant que citoyen, vous pouvez suivre les recommandations spécifiques à votre pays et participer aux consultations nationales sur le Semestre européen.
Le Parlement européen a adopté une résolution qui transforme le Semestre européen en machine à produire des objectifs sociaux, sans toucher aux mécanismes qui décident réellement des dépenses. Le vote (404 pour, 208 contre, 20 abstentions) ne crée aucune obligation juridique, mais il fixe un cap : celui d'une coordination économique toujours plus chargée de missions, sans que personne n'en porte le coût politique.
Le Semestre européen est un cycle annuel de coordination des politiques économiques et budgétaires des États membres. En y intégrant les objectifs du socle européen des droits sociaux comme critères de référence, le Parlement veut que la pauvreté, le chômage des jeunes ou l'écart d'emploi des personnes handicapées pèsent autant que le déficit public. Le problème n'est pas de mesurer ces réalités, mais de croire qu'une grille d'indicateurs supplémentaires crée des emplois ou sort des enfants de la pauvreté. Chaque nouvel objectif ajoute une couche de reporting, pas un euro de croissance.
Le Parlement réclame par ailleurs un budget spécifique de 20 milliards d'euros pour la garantie européenne pour l'enfance et une allocation plancher de 5 % des fonds FSE+ à la pauvreté des enfants. Ces montants sont adressés à l'autorité budgétaire, mais ils ne disent rien de la manière dont l'argent sera dépensé. L'expérience des fonds structurels montre que les taux d'absorption et l'efficacité des dépenses varient considérablement selon les administrations nationales. Fixer un plancher de dépense sans conditionnalité de résultat, c'est récompenser les États qui dépensent le plus, pas ceux qui obtiennent des résultats.
La résolution affirme que le Semestre doit respecter la subsidiarité et les compétences nationales. Mais elle demande simultanément que les recommandations par pays évaluent la conformité des budgets nationaux au minimum de ressources allouées à la lutte contre la pauvreté des enfants. Autrement dit, Bruxelles fixerait la priorité de dépense, et les États membres porteraient la responsabilité politique de l'application. Ce transfert de responsabilité sans transfert de pouvoir est exactement ce que les citoyens reprochent à l'Union : des objectifs décidés ailleurs, des coûts assumés ici.
Le Parlement demande aussi que les partenaires sociaux et la société civile soient systématiquement associés au Semestre. Sur le papier, c'est une bonne intention. En pratique, cela ajoute des consultations obligatoires et des délais, sans que l'on sache qui décide en dernier ressort. Pour une PME qui attend une simplification administrative, chaque nouvelle couche de gouvernance est un coût de plus. La résolution le reconnaît à demi-mot en appelant à ce que la simplification préserve les droits sociaux, mais elle ne dit pas comment concilier les deux.
Une approche fondée sur la subsidiarité aurait consisté à laisser les États membres définir leurs propres objectifs sociaux, à conditionner les fonds européens à des résultats mesurables plutôt qu'à des taux de dépense, et à supprimer les chevauchements entre le Semestre, le FSE+ et les plans nationaux de relance. Le Parlement aurait pu demander une évaluation indépendante de l'efficacité des dépenses sociales existantes avant de réclamer 20 milliards supplémentaires. Il ne l'a pas fait.
La résolution ne crée pas d'obligations juridiques, mais elle renforce une dynamique : celle d'une Union qui produit des objectifs et des indicateurs, et laisse aux États membres le soin de trouver l'argent et d'affronter les électeurs. Le vote du 11 mars 2026 montre une majorité large pour cette approche. Les 208 voix contre et les 20 abstentions rappellent qu'une minorité refuse cette extension du domaine de la coordination économique à toutes les politiques sociales.
On ne sort pas de la pauvreté avec des indicateurs, on en sort avec des emplois et de la croissance.
Le Parlement européen a adopté une résolution qui transforme le Semestre européen en machine à produire des objectifs sociaux, sans toucher aux mécanismes qui décident réellement des dépenses. Le vote (404 pour, 208 contre, 20 abstentions) ne crée aucune obligation juridique, mais il fixe un cap : celui d'une coordination économique toujours plus chargée de missions, sans que personne n'en porte le coût politique.
Le Semestre européen est un cycle annuel de coordination des politiques économiques et budgétaires des États membres. En y intégrant les objectifs du socle européen des droits sociaux comme critères de référence, le Parlement veut que la pauvreté, le chômage des jeunes ou l'écart d'emploi des personnes handicapées pèsent autant que le déficit public. Le problème n'est pas de mesurer ces réalités, mais de croire qu'une grille d'indicateurs supplémentaires crée des emplois ou sort des enfants de la pauvreté. Chaque nouvel objectif ajoute une couche de reporting, pas un euro de croissance.
Le Parlement réclame par ailleurs un budget spécifique de 20 milliards d'euros pour la garantie européenne pour l'enfance et une allocation plancher de 5 % des fonds FSE+ à la pauvreté des enfants. Ces montants sont adressés à l'autorité budgétaire, mais ils ne disent rien de la manière dont l'argent sera dépensé. L'expérience des fonds structurels montre que les taux d'absorption et l'efficacité des dépenses varient considérablement selon les administrations nationales. Fixer un plancher de dépense sans conditionnalité de résultat, c'est récompenser les États qui dépensent le plus, pas ceux qui obtiennent des résultats.
La résolution affirme que le Semestre doit respecter la subsidiarité et les compétences nationales. Mais elle demande simultanément que les recommandations par pays évaluent la conformité des budgets nationaux au minimum de ressources allouées à la lutte contre la pauvreté des enfants. Autrement dit, Bruxelles fixerait la priorité de dépense, et les États membres porteraient la responsabilité politique de l'application. Ce transfert de responsabilité sans transfert de pouvoir est exactement ce que les citoyens reprochent à l'Union : des objectifs décidés ailleurs, des coûts assumés ici.
Le Parlement demande aussi que les partenaires sociaux et la société civile soient systématiquement associés au Semestre. Sur le papier, c'est une bonne intention. En pratique, cela ajoute des consultations obligatoires et des délais, sans que l'on sache qui décide en dernier ressort. Pour une PME qui attend une simplification administrative, chaque nouvelle couche de gouvernance est un coût de plus. La résolution le reconnaît à demi-mot en appelant à ce que la simplification préserve les droits sociaux, mais elle ne dit pas comment concilier les deux.
Une approche fondée sur la subsidiarité aurait consisté à laisser les États membres définir leurs propres objectifs sociaux, à conditionner les fonds européens à des résultats mesurables plutôt qu'à des taux de dépense, et à supprimer les chevauchements entre le Semestre, le FSE+ et les plans nationaux de relance. Le Parlement aurait pu demander une évaluation indépendante de l'efficacité des dépenses sociales existantes avant de réclamer 20 milliards supplémentaires. Il ne l'a pas fait.
La résolution ne crée pas d'obligations juridiques, mais elle renforce une dynamique : celle d'une Union qui produit des objectifs et des indicateurs, et laisse aux États membres le soin de trouver l'argent et d'affronter les électeurs. Le vote du 11 mars 2026 montre une majorité large pour cette approche. Les 208 voix contre et les 20 abstentions rappellent qu'une minorité refuse cette extension du domaine de la coordination économique à toutes les politiques sociales.
On ne sort pas de la pauvreté avec des indicateurs, on en sort avec des emplois et de la croissance.