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Adopté2026-02-12Social, emploi & éducation

Priorités de l'UE pour la 70e session de la Commission de la condition de la femme de l'ONU

Texte adopté
Pour34062 %
Contre14126 %
Abstention6812 %
Non votant00 %
Explication détaillée

Comprendre le texte adopté

En bref

Le 12 février 2026, le Parlement européen a adopté une recommandation définissant les priorités de l'Union européenne (UE) pour la 70e session de la Commission de la condition de la femme des Nations unies (CSW). Ce texte, rédigé par la rapporteure Lina Gálvez, vise à renforcer l'engagement de l'UE en faveur de l'égalité des genres à l'échelle mondiale.

Contexte

La Commission de la condition de la femme (CSW) est une commission technique de l'ONU qui promeut l'égalité des genres et l'autonomisation des femmes. Sa 70e session se tiendra en 2026. Chaque année, l'UE y présente une position commune. Le Parlement européen, par cette recommandation, donne ses orientations au Conseil de l'UE (qui représente les États membres) pour négocier cette position.

Ce qui a été décidé

Le Parlement recommande au Conseil de défendre les priorités suivantes lors de la CSW70 :

  • Élimination de toutes les formes de violence à l'égard des femmes et des filles, y compris en ligne.
  • Accès à la santé et aux droits sexuels et reproductifs, notamment à une contraception et à un avortement sûrs et légaux.
  • Autonomisation économique des femmes, avec un salaire égal pour un travail égal et un meilleur partage des tâches domestiques.
  • Participation égale des femmes à la vie politique, économique et numérique.
  • Intégration du genre dans toutes les politiques de l'UE, y compris le commerce, le climat et la numérisation.
  • Protection des femmes en situation de conflit et des femmes migrantes et réfugiées.

Le texte insiste aussi sur la nécessité de lutter contre les régressions observées dans certains pays, où les droits des femmes sont remis en cause.

Résultat du vote

La recommandation a été adoptée par 340 voix pour, 141 contre et 68 abstentions. Ce vote large montre un soutien majoritaire, mais aussi des divisions : les opposants estiment que le texte est trop axé sur les droits sexuels et reproductifs, tandis que les partisans y voient une avancée nécessaire.

Pour les citoyens

Cette recommandation n'a pas d'effet direct sur les citoyens, car elle s'adresse au Conseil. Cependant, elle influence la position que l'UE défendra à l'ONU. Si elle est suivie, elle pourrait renforcer les engagements internationaux en faveur de l'égalité des genres, ce qui peut à terme se traduire par des politiques plus ambitieuses dans l'UE, par exemple en matière de lutte contre les violences faites aux femmes ou d'égalité salariale. Les citoyens peuvent donc y voir un signal fort de l'engagement du Parlement européen pour les droits des femmes.

Tribune éditoriale

Une recommandation qui parle au monde, pas aux électeurs

Le Parlement européen a adopté, par 340 voix contre 141 et 68 abstentions, une longue liste de priorités pour la 70e session de la Commission de la condition de la femme des Nations unies. Le texte ne crée aucune obligation juridique : c'est une recommandation au Conseil, un catalogue de positions à défendre à New York. Le problème n'est pas ce qu'il contient, mais ce qu'il coûte en crédibilité et en argent public, sans jamais dire qui paie.

Ce qu'il faut retenir

  • Recommandation non législative : 340 pour, 141 contre, 68 abstentions ; le Conseil est invité à défendre ces priorités, pas contraint.
  • Le texte demande plus de financement pour l'aide juridictionnelle, ONU-Femmes et les organisations féministes, sans chiffrage ni contrôle de résultat.
  • Il reconnaît les femmes transgenres comme des femmes et promeut une définition du viol fondée sur le consentement, positions à porter à l'international.
  • Il dénonce les coupes budgétaires américaines et appelle à compenser le démantèlement de l'USAID par plus d'aide européenne.

Un catalogue de priorités sans prix ni responsabilité

Le Parlement demande au Conseil de réaffirmer l'engagement de l'Union pour l'égalité et les droits des femmes dans toute l'action extérieure, avec une approche dite intersectionnelle et un financement adéquat. Chaque priorité est légitime à ses yeux, mais aucune n'est accompagnée d'un coût, d'un calendrier ou d'un indicateur de résultat. Or, en politique étrangère, une priorité sans budget est un vœu. Le texte demande aussi un outil pour surveiller le recul démocratique et les droits des femmes, sans préciser qui le paiera ni comment il évitera de devenir un énième rapport.

L'appel à accroître l'aide au développement pour compenser le démantèlement de l'Agence américaine pour le développement international illustre le problème : l'Union est invitée à combler un vide laissé par d'autres, sans débat sur l'efficacité de cette aide ni sur la charge qui pèse sur des contribuables européens déjà surtaxés. Le contribuable finance, mais ne décide pas.

Une diplomatie militante qui ignore le rapport de force

Le texte défend le mandat de la Commission de la condition de la femme face aux États-Unis et aux pays alignés, qu'il accuse de vouloir affaiblir les priorités convenues. Cette dénonciation est légitime, mais elle ne dit rien de la stratégie pour convaincre. À New York, les déclarations ne pèsent que si elles sont adossées à des alliances et à des intérêts. Le Parlement demande au Conseil de défendre ONU-Femmes et son financement, mais il ne dit pas ce que l'Union est prête à offrir en échange.

La reconnaissance des femmes transgenres comme femmes et la promotion d'une définition du viol fondée sur le consentement sont des positions claires. Elles seront combattues par plusieurs États membres et partenaires. Les inscrire dans une recommandation ne les fera pas avancer d'un pouce si le Conseil n'a pas les moyens politiques de les porter. Le texte gagnerait à dire comment, pas seulement quoi.

Ce qu'une approche subsidiaire aurait fait

Plutôt que d'empiler les priorités, une approche fondée sur la subsidiarité aurait ciblé deux ou trois objectifs mesurables, avec un financement fléché et une évaluation indépendante. Elle aurait aussi laissé aux États membres le soin de définir leur aide juridictionnelle, sans passer par Bruxelles. Le Parlement aurait pu exiger du Conseil qu'il rende des comptes sur les résultats obtenus à la CSW70, au lieu de lui recommander de défendre des valeurs qu'il ne peut pas financer seul.

Une recommandation sans prix ni responsable est une pétition, pas une politique.

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